Joy Rivault - Matrimoine Antiquité - Valorisation du Matrimoine Histoire et Archéologie de l’Antiquité
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Lumière sur les femmes

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À travers des anecdotes historiques, des portraits de personnages emblématiques et des épisodes mythologiques, je vous propose de suivre les destins de femmes, d’héroïnes de la mythologie et de déesses tout en leur redonnant la place qu’elles méritent dans l’histoire et dans les mythes.

Les Chevaleresses : des figures oubliées de l’histoire médiévale ?

Guerrières

Lorsqu’on pense à la chevalerie, l’image du chevalier en armure, épée à la main, galopant au secours de la veuve et de l’orphelin, nous vient immédiatement en tête. Ce héros viril, noble, dévoué à un code d’honneur et à Dieu, a marqué l’imaginaire collectif. Mais savais-tu qu’il existait aussi des femmes chevaliers : les chevaleresses. Ont-elles véritablement existé ou sont-elles des fantasmes issus des récits légendaires ou des romans chevaleresques ? Spoiler alert : elles ont bel et bien existé ! Allez viens, je te raconte l’histoire… 

Le rôle des femmes dans la chevalerie : entre mythe et réalité

Si la chevalerie est majoritairement associée aux hommes, cela ne signifie pas que les femmes en ont été totalement exclues. Bien au contraire. À travers l’histoire, certaines femmes ont pris les armes, dirigé des troupes et fait preuve de bravoure, que ce soit sur les champs de bataille ou dans la gestion de leurs terres.

Les récits médiévaux regorgent de figures féminines combattantes, même si leur histoire se mêle souvent à la légende. On pense à Jeanne d’Arc, bien sûr, mais il y a aussi Aliénor d’Aquitaine, ou encore Mathilde de Toscane, qui a dirigé des armées et négocié avec des empereurs. Ces femmes ne portaient peut-être pas toutes le titre officiel de chevaleresse, mais elles incarnaient un idéal de courage, d’honneur et de dévouement, valeurs centrales à la chevalerie.

Chevaleresse : un titre reconnu ?

Le terme « chevaleresse » n’est pas fréquemment mentionné dans les chroniques médiévales (à ne pas confondre avec « chevalière » qui désigne la femme du chevalier). Pourtant, il apparaît ici et là, désignant parfois une femme qui a été adoubée ou qui a accompli des actes chevaleresques. Au Moyen Âge, certaines femmes recevaient des titres de chevaliers, surtout lorsqu’elles étaient tenancières de fiefs ou dirigeaient des territoires en l’absence de leurs époux partis en croisade. Cela leur conférait un rôle politique et militaire.

Il est intéressant de noter que le système féodal ne s’est pas toujours aligné sur les normes strictement patriarcales que l’on pourrait imaginer. Dans certains cas, des femmes ont été nommées chevaleresses, soit pour défendre leur propre terre, soit pour s’engager dans des croisades, comme certaines chevaleresses de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Les chevaleresses ont même fait l’objet d’une glorification littéraire et iconographique. Elles sont ainsi célébrées dans des chansons de gestes et sur les tapisseries d’aristocrates. 

L’héritage des chevaleresses : oubli ou renouveau ?

Alors pourquoi ces figures féminines sont-elles si peu connues ? D’abord, parce que la réécriture de l’histoire a tendance à effacer ou minimiser le rôle des femmes dans des sphères traditionnellement masculines. La chevalerie, avec son code d’honneur, ses joutes et ses ordres militaires, était perçue comme un bastion de la virilité. Ce qui a laissé peu de place à l’idée qu’une femme puisse en faire partie.

Mais aujourd’hui, l’étude des chevaleresses, tout comme celle des sorcières et d’autres figures féminines marginalisées, revient sur le devant de la scène. Les chercheuses et chercheurs réévaluent le rôle des femmes dans la chevalerie, que ce soit par le prisme de la littérature médiévale, de l’histoire sociale ou des archives féodales. Leurs découvertes nous rappellent que les femmes n’étaient pas seulement des spectatrices dans l’histoire des chevaliers, mais aussi des actrices à part entière.

On fait le point : les femmes ont pris les armes à toutes les époques, de manière exceptionnelle mais pas seulement. Il n’y a donc rien de surprenant à trouver des traces de femmes combattantes au Moyen Âge. Ce qui est étonnant c’est, encore une fois, le silence à leur sujet. L’image de la chevaleresse nous invite à repenser l’idéal chevaleresque lui-même. Si l’on considère que la chevalerie symbolise des valeurs d’honneur, de protection des plus faibles, de fidélité et de courage, alors pourquoi ces qualités ne pourraient-elles pas être incarnées par des femmes ? La chevaleresse, par sa seule existence, défie les stéréotypes de genre et réinvente la chevalerie.

Elle incarne une force, une autonomie et une maîtrise de soi qui contrastent avec la vision traditionnelle de la femme médiévale passive. Elles nous rappellent que la bravoure, l’honneur et la lutte pour la justice ne sont pas l’apanage d’un sexe, mais des qualités humaines universelles.

Image de présentation : Jeanne d’Arc par Albert Lynch, Le Figaro illustré, 1903.

Représentation d’une preuse sur tapisserie